Une maison d'hôtes à Saly, un campement dans le Sine-Saloum, un appartement meublé loué aux visiteurs à Dakar : ouvrir un hébergement pour touristes attire de plus en plus d'investisseurs. L'activité est pourtant encadrée. En avril 2026, le ministère de la Culture, de l'Artisanat et du Tourisme a rappelé par communiqué que toute ouverture d'établissement d'hébergement touristique reste soumise à une autorisation préalable, conformément au décret de 2005.
Voici ce que dit ce décret n° 2005-145 du 2 mars 2005, les trois étapes décrites dans un guide des procédures publié en 2025, et les obligations qui s'appliquent ensuite. Les listes de pièces peuvent évoluer : confirmez-les toujours auprès de la Direction de la réglementation touristique.
Quels établissements sont concernés ?
Le décret considère comme établissement d'hébergement touristique « toute entreprise commerciale offrant à une clientèle principalement touristique l'hébergement, la restauration et/ou l'organisation de loisirs » (article 1). Il cite expressément :
- les hôtels et les motels ;
- les villages de vacances et les campements villageois ;
- les auberges et les résidences hôtelières ;
- les appartements meublés.
Les maisons d'hôtes sont rattachées à cette famille par les guides spécialisés. Les restaurants de tourisme relèvent d'autres textes (article 2). Pour situer le secteur, voyez nos week-ends sur la Petite Côte ou dans le Sine-Saloum : ce sont des régions où ces établissements se multiplient.
Les trois étapes pour être en règle
1. L'agrément, avant tout aménagement
Toute personne qui veut aménager un établissement adresse au ministre du Tourisme une demande d'agrément avec un dossier technique et financier (articles 5 et 6) : enseigne, adresse et localisation exacte, identité du propriétaire du fonds et de l'exploitant, forme juridique, budget prévisionnel d'exploitation sur trois ans, plan détaillé conforme aux normes de classement et description des prestations. Le guide de 2025 ajoute les copies du NINEA et du RCCM, la carte d'identité légalisée, un extrait de casier judiciaire de moins de trois mois et des plans validés par un architecte.
L'agrément est accordé par arrêté, après avis de la commission nationale d'agrément et de classement (article 7). Il ne dispense pas des autres formalités : inscription au registre du commerce, autorisation de construire, normes d'urbanisme, d'hygiène et de sécurité. Des autorisations temporaires de six mois maximum peuvent être accordées pour monter le projet. Côté entreprise, voyez notre guide sur la forme juridique et sur le NINEA.
2. L'autorisation d'ouverture à l'exploitation
Une fois l'établissement prêt, l'exploitant demande l'autorisation d'ouvrir. Selon le guide de 2025, le dossier comprend une demande au ministre, une police d'assurance multirisque professionnelle d'un an, la carte d'identité légalisée et le casier judiciaire du gérant, et un rapport de visite technique. Le décret exige du gérant l'absence de condamnation pour faits contraires à la probité et aux bonnes mœurs, ainsi qu'une attestation d'assurance responsabilité civile (article 20).
3. Le classement officiel
Les établissements sont obligatoirement classés par arrêté du ministre (articles 10 et 11) :
- hôtels et résidences meublées : cinq catégories, de 1 à 5 étoiles ;
- auberges, villages de vacances, campements touristiques, motels et appartements meublés : trois catégories, A (3 étoiles), B (2 étoiles) et C (1 étoile).
Un panonceau indiquant la catégorie doit être posé sur la façade (article 17), et toute publicité doit mentionner le classement officiel (article 19). Un établissement non classé ne peut donc pas afficher d'étoiles.
Obligations, contrôles et régularisation
Une fois en activité, l'exploitant doit tenir à jour ses statistiques et ses documents comptables (article 22), contribuer à la promotion du tourisme (article 25) et ne pas annoncer des prestations qu'il ne fournit pas ou de qualité inférieure à sa catégorie (article 21). Le ministère effectue des inspections périodiques sur l'état des locaux, la qualité des prestations et la tenue du personnel (article 24). Toute infraction est punie conformément aux lois en vigueur (article 26).
Si un établissement fonctionne déjà sans agrément, le guide de 2025 décrit une demande de régularisation adressée au ministre, avec les documents ayant autorisé l'exploitation, une assurance multirisque, la carte d'identité légalisée et le casier judiciaire du gérant. Des dossiers distincts existent pour une vente (mutation), un changement de gérant ou une modification d'adresse.
Questions fréquentes
Un appartement loué à des touristes doit-il avoir un agrément ?
Le décret cite les « appartements meublés » parmi les établissements d'hébergement touristique, et le rappel d'avril 2026 les mentionne aussi. Dès lors que vous exploitez, à titre commercial, un hébergement destiné à une clientèle touristique, vous entrez a priori dans le champ du texte. Pour une situation précise, la Direction de la réglementation touristique et les services régionaux du tourisme peuvent vous répondre.
Que risque-t-on à exploiter sans autorisation ?
Le ministère prévient que toute activité exercée hors du cadre légal expose à des sanctions prévues par la réglementation, sans en détailler le barème dans son communiqué. Au-delà du risque administratif, un établissement non classé ne peut pas communiquer sur ses étoiles, et sa visibilité en ligne repose alors sur des informations moins crédibles.
En résumé : agrément, autorisation d'ouverture, classement, puis respect des obligations d'exploitation. Vous gérez un hôtel, une auberge ou un campement ? Présentez votre établissement, votre classement et vos services à de nouveaux voyageurs et créez votre fiche gratuite sur Senlocal.




