Depuis le 1er juin 2026, une banque de l'UMOA ne peut plus vous prêter de l'argent à un taux effectif global (TEG) supérieur à 14 %. Jusque-là, le plafond était de 15 %. Pour la microfinance et les autres prêteurs, il reste fixé à 24 %.
Que vous prépariez un crédit pour votre boutique, une avance de trésorerie ou un prêt à la consommation, ce plafond est le premier repère pour juger une offre. Voici ce que la BCEAO a décidé, ce que la loi sénégalaise compte dans le coût d'un crédit et ce que risque un prêteur qui dépasse la limite.
Ce que la BCEAO a décidé : 14 % pour les banques, 24 % pour les autres
La décision a été prise par le Conseil des ministres de l'UMOA lors de sa quatrième session ordinaire de 2025, le 29 décembre 2025. Selon le communiqué de la BCEAO, le taux d'usure applicable aux banques passe de 15 % à 14 %, tandis que le taux de 24 % est maintenu pour les institutions de microfinance, les établissements de crédit et les autres agents économiques. La révision s'applique à partir du 1er juin 2026.
La BCEAO explique qu'après plus d'une décennie d'application, il fallait adapter ce plafond à l'évolution du système bancaire, soutenir le financement de l'économie et mieux protéger les consommateurs. D'après l'analyse de Financial Afrik, l'acte porte le numéro 19/29-12-2025/CM/UMOA.
Prêteur | Plafond avant le 1er juin 2026 | Plafond depuis le 1er juin 2026 |
|---|---|---|
Banques | 15 % | 14 % |
Microfinance, établissements de crédit, autres agents économiques | 24 % | 24 % (maintenu) |
TEG, frais, garanties : ce que compte le taux d'usure
Le plafond ne s'applique pas au taux d'intérêt affiché, mais au TEG. La loi sénégalaise n° 2021-19 du 21 janvier 2021 définit comme usuraire tout prêt consenti à un TEG supérieur au taux de l'usure à la date de sa stipulation (article 1). Le TEG doit être fixé par écrit dans tout contrat de prêt (article 2).
D'après l'article 3, le TEG additionne le taux d'intérêt calculé en tenant compte de l'amortissement de la créance, les frais et les rémunérations de toute nature, y compris ceux versés aux intermédiaires. Les charges liées aux garanties et les honoraires d'officiers ministériels y entrent aussi ; seuls les impôts et taxes en sont exclus.
Exemple théorique : un prêt affiché à 12 %, mais assorti de frais de dossier et d'une garantie payante, peut avoir un TEG supérieur à 14 %. C'est le TEG, et non le taux nominal, qui est comparé au plafond. Avant de signer, demandez par écrit :
- le TEG, et pas seulement le taux d'intérêt ;
- le détail des frais de dossier, commissions et coûts de garantie ;
- le tableau d'amortissement complet ;
- la date de signature du contrat, qui sert de référence au plafond.
Les crédits accordés à l'occasion d'une vente à tempérament sont assimilés à des prêts (article 5). Pour certaines opérations qui comportent des frais fixes élevés, le Conseil des ministres de l'UMOA peut aussi fixer un plafond majoré (article 4).
Ce que risque un prêteur, et que faire en cas de doute
La loi punit quiconque a consenti un prêt usuraire, ou y a apporté sciemment son concours, de deux mois à deux ans de prison et d'une amende de 100 000 à 5 000 000 FCFA (article 7). En cas de récidive, la peine monte à cinq ans et 15 millions de FCFA. Pour une banque ou un SFD, la fermeture ne peut être prononcée qu'après avis conforme de la Commission bancaire de l'UMOA ou de la Banque centrale (article 8).
Côté emprunteur, les sommes perçues en trop sont imputées de plein droit sur les intérêts échus, puis sur le capital ; si la dette est éteinte, elles sont restituées avec les intérêts légaux (article 10). Le délit se prescrit à compter de la dernière perception (article 11).
Ces repères ne remplacent pas un conseil juridique : faites relire un contrat douteux par un avocat ou un notaire et gardez toutes vos quittances. Pour préparer un dossier de crédit, lisez notre guide sur financer son projet au Sénégal, nos conseils pour ouvrir un compte bancaire et nos repères sur les droits du consommateur. Pour comparer les prêteurs, parcourez aussi les banques et les institutions de microfinance référencées sur Senlocal.
Questions fréquentes
Quel est le taux d'usure au Sénégal en 2026 ?
Depuis le 1er juin 2026, il est de 14 % pour les banques et de 24 % pour les institutions de microfinance, les établissements de crédit et les autres agents économiques, d'après la BCEAO. Ces plafonds de TEG valent dans toute l'UMOA, pas seulement au Sénégal.
Le taux d'usure est-il le taux d'intérêt de ma banque ?
Non. Il est comparé au TEG, qui inclut les intérêts, les frais, les commissions, les charges de garantie et les honoraires d'officiers ministériels, mais pas les impôts et taxes. Un taux nominal qui paraît bas peut donc cacher un TEG plus élevé.
Mon prêt signé avant juin 2026 est-il concerné par le nouveau plafond ?
La loi apprécie le TEG « à la date de sa stipulation » (article 1). Un contrat conclu avant le 1er juin 2026 se juge donc, en principe, au plafond en vigueur à sa signature, soit 15 % pour une banque. Pour un cas précis, demandez l'avis d'un professionnel du droit.
En résumé : 14 % pour les banques, 24 % pour la microfinance, et c'est le TEG écrit dans le contrat qui compte. Vous êtes une banque, une institution de microfinance, un comptable ou un conseiller financier à Dakar, Thiès ou Saint-Louis ? Présentez votre activité aux emprunteurs qui comparent les offres et créez votre fiche gratuite.



