Une « agence » vous demande de payer pour inscrire votre dossier, ou pour un contrat à l'étranger ? Le nouveau Code du travail est clair : aucun paiement ne peut être exigé d'un demandeur d'emploi, ni pour son inscription, ni pour son placement, ni pour une autre prestation liée (art. 191). L'exiger est un délit, puni de 500 000 à 5 000 000 FCFA d'amende et de 3 mois à 1 an de prison, ou de l'une de ces deux peines (art. 452 du Journal officiel n° 7931 du 17 septembre 2026).
Voici ce que dit le texte sur le placement, les offres d'emploi et le travail à l'étranger. Ce guide est informatif : en cas de doute sur une offre, rapprochez-vous de l'inspection du travail ou d'un avocat. Pour candidater sérieusement, lisez aussi notre guide pour trouver un emploi à Dakar.
Qui a le droit de placer des travailleurs ?
- Le service public de l'emploi et les agences privées agréées : le placement est exercé exclusivement par eux (art. 184). Les conditions de création et d'agrément des agences privées sont fixées par un arrêté conjoint des ministres chargés de l'Emploi et du Travail (art. 186) ;
- Une inscription gratuite : toute personne en recherche d'emploi peut s'inscrire comme demandeur d'emploi auprès du service de l'emploi, et tout employeur peut lui notifier ses offres (art. 190) ;
- Les offres dans la presse sont autorisées ; si l'offre est anonyme, l'employeur doit faire connaître son nom ou sa raison sociale et son adresse au directeur de publication (art. 189) ;
- La liberté des deux côtés : aucun employeur n'est tenu d'embaucher la personne qui lui est présentée, et aucun demandeur n'est tenu d'accepter l'emploi proposé (art. 191).
Retenez ce réflexe de transparence pour toute offre reçue, y compris par message : sans nom d'entreprise ni adresse vérifiable, ne transmettez ni pièce d'identité ni argent.
Ce que le Code punit
L'article 452 prévoit une amende de 500 000 à 5 000 000 FCFA et une peine de 3 mois à 1 an d'emprisonnement, ou l'une des deux, notamment contre :
- toute personne qui exige d'un demandeur d'emploi un paiement, sous quelque forme que ce soit, au titre de son inscription, de son placement ou d'une autre prestation liée ;
- toute personne qui offre ou remet une rétribution à un agent s'occupant de la main-d'œuvre, et l'agent qui l'accepte : payer un « contact » pour être embauché engage donc la responsabilité des deux ;
- toute personne qui exige ou accepte du travailleur une rémunération comme intermédiaire dans le paiement des salaires, indemnités ou allocations ;
- l'auteur d'un contrat fictif contenant des indications inexactes pour se faire embaucher.
Les officiers de police judiciaire peuvent constater ces infractions selon les règles du droit commun (art. 448) : en cas d'arnaque, conservez captures d'écran, reçus et numéros utilisés, puis déposez plainte à la police ou à la gendarmerie. Avant de répondre à une offre, vérifiez que l'entreprise existe vraiment avec notre guide sur le NINEA, le RCCM et le quitus fiscal. Si vous avez déjà envoyé de l'argent par mobile money, lisez nos conseils sur les arnaques au mobile money.
Partir travailler à l'étranger : une autorisation obligatoire
Le placement d'un travailleur sénégalais à l'étranger est autorisé par le Directeur général du Travail et de la Sécurité sociale, qui dispose de 7 jours francs pour répondre : son silence au-delà de ce délai vaut autorisation, et un refus doit être motivé (art. 187). Le dossier comprend notamment :
- trois exemplaires du contrat de travail, signés par les parties et visés par les autorités publiques du pays d'accueil ;
- trois exemplaires de la déclaration de mouvement du travailleur ;
- un certificat médical attestant l'aptitude à l'emploi ;
- le document liant l'entreprise de placement et la société utilisatrice, le cas échéant ;
- une déclaration sur l'honneur, avec les preuves que le travailleur remplit les conditions liées à la migration.
Une déclaration préalable auprès de la même direction est également exigée (art. 363). Si une agence vous promet un départ sans contrat visé par les autorités du pays d'accueil, considérez-le comme un signal d'alerte.
Questions fréquentes
Une agence de placement peut-elle me faire payer des frais d'inscription ?
Non. L'article 191 interdit d'exiger d'un demandeur d'emploi un paiement, sous quelque forme que ce soit, pour son inscription, son placement ou toute autre prestation liée. L'article 452 en fait un délit.
Comment savoir si une agence de placement est agréée ?
Le Code renvoie les conditions d'agrément à un arrêté conjoint des ministres de l'Emploi et du Travail (art. 186). Nous n'avons pas trouvé de liste publique des agences agréées : demandez à l'agence son document d'agrément et vérifiez-le auprès du ministère chargé de l'Emploi ou de l'inspection du travail. Une agence qui refuse de le montrer n'est pas digne de confiance.
Faut-il une autorisation pour aller travailler à l'étranger par une agence ?
Oui. Le placement à l'étranger est autorisé par le Directeur général du Travail et de la Sécurité sociale (art. 187), avec un contrat visé par les autorités du pays d'accueil. Demandez à voir ces documents avant tout paiement ou départ.
En résumé : le placement est réservé au service public et aux agences agréées, rien n'est à payer pour s'inscrire, et un départ à l'étranger suppose autorisation et contrat visé. Vous dirigez une agence de recrutement, un cabinet RH ou un centre de formation à Dakar, Thiès ou Saint-Louis ? Présentez-vous aux candidats et aux employeurs parmi les services professionnels de Senlocal et créez votre fiche gratuite.




