Dix-huit semaines de congé de maternité, dont douze après l'accouchement, et une heure de repos par jour pour allaiter pendant vingt mois : le nouveau Code du travail (loi n° 2026-18, Journal officiel n° 7931 du 17 septembre 2026) renforce nettement la protection des salariées enceintes. Voici ce que dit le texte, article par article, pour la salariée comme pour l'employeur d'un commerce, d'un restaurant ou d'une clinique.
Pour un panorama complet de la réforme, lisez Nouveau Code du travail : ce qui change en 2026. Ce guide approfondit la grossesse, le congé, l'allaitement et les indemnités. Il est informatif et ne remplace pas l'avis de l'inspection du travail ou d'un professionnel.
Grossesse au travail : ce que l'employeur ne peut pas faire
- Pas de discrimination (art. 275) : l'état de grossesse ne peut motiver ni un refus d'embauche, ni une rupture du contrat, même pendant la période d'essai, et l'employeur ne peut pas chercher à savoir si une salariée est enceinte. Une mutation n'est possible que pour une nécessité médicale, le travail de nuit ou l'exposition à des risques particuliers ;
- Examens médicaux (art. 276) : l'absence pour les examens obligatoires est autorisée, comptée et payée comme du temps de travail ;
- Repos (art. 274) : au moins 11 heures consécutives par jour ;
- Travaux interdits (art. 279) : ceux qui excèdent les forces ou présentent des risques. La salariée est mutée sur un emploi compatible, sans baisse de rémunération ; si aucun poste n'est possible, le contrat est suspendu et l'employeur verse la totalité du salaire habituel, avec maintien de l'ancienneté ;
- Démission sans préavis (art. 278) : une femme enceinte dont l'état est constaté médicalement ou apparent peut démissionner sans préavis ni indemnité de rupture.
Le congé de maternité : 18 semaines
L'article 277 donne à toute femme le droit de suspendre son contrat pendant 18 semaines consécutives, dont 12 après l'accouchement, alors que l'ancien Code en prévoyait 14, selon la presse. Les règles à connaître :
- Prolongation de 3 semaines en cas de maladie liée à la grossesse ou aux couches, de complications de l'accouchement, de grossesse multiple ou pour des raisons de santé de l'enfant ;
- Accouchement avant la date présumée : le congé postnatal est allongé d'autant de jours ; un accouchement après la date présumée ne change pas sa durée ;
- Protection : l'employeur ne peut pas licencier la salariée pendant le congé, tout licenciement étant nul, ni utiliser ses services ; toute convention contraire est nulle de plein droit.
Allaitement, retour au travail et indemnités
À la fin du congé et pendant 20 mois, la mère a droit à des repos journaliers pour allaitement, d'une heure au maximum par journée de travail et par nourrisson, comptés et payés comme du temps de travail (art. 280). Durant cette période, l'employeur ne peut pas licencier pour des motifs liés à la grossesse, à la naissance ou à l'allaitement, et la mère peut démissionner sans préavis ni indemnité.
Qui paie pendant le congé ? Le Code du travail renvoie à un « régime spécial d'assistance » prévu par la réglementation de la sécurité sociale (art. 277). Le Code de la sécurité sociale (JO n° 7932) prévoit des allocations prénatales, des allocations de maternité, ouvertes en cas de naissance vivante inscrite à l'état civil, du jour de la naissance au deuxième anniversaire de l'enfant, et des indemnités journalières pendant le congé (art. 199 à 202). Les conditions d'attribution relèvent d'un décret et nous n'avons pas trouvé de montant publié : ne présumez pas que la caisse couvre l'intégralité des 18 semaines, et renseignez-vous auprès de la Caisse de sécurité sociale ou de l'inspection du travail. Pour l'inscription à l'état civil, voyez notre guide sur l'extrait de naissance.
Côté employeur, la paie de la salariée, son bulletin et la conservation des preuves restent régis par les règles du paiement du salaire.
Questions fréquentes
Combien de semaines dure le congé de maternité au Sénégal en 2026 ?
Dix-huit semaines consécutives, dont douze après l'accouchement (art. 277), portées à 21 semaines en cas de maladie liée à la grossesse ou aux couches, de complications, de grossesse multiple ou de raison de santé de l'enfant.
Peut-on être licenciée pendant la grossesse ou l'allaitement ?
Un licenciement prononcé pendant le congé de maternité est nul (art. 277). La grossesse ne peut motiver une rupture du contrat, même en période d'essai (art. 275), et pendant les 20 mois qui suivent le congé, le licenciement est interdit pour des motifs liés à la grossesse, à la naissance ou à l'allaitement (art. 280). En cas de désaccord, demandez par écrit une conciliation à l'inspecteur du travail : la démarche est détaillée dans notre article sur le litige avec son employeur.
Existe-t-il un congé de paternité ?
Nous n'avons pas trouvé de disposition portant ce nom dans le Code du travail 2026. Il prévoit en revanche que les permissions exceptionnelles accordées pour des événements familiaux touchant le foyer du travailleur, dans la limite de 10 jours ouvrables par an, ne sont pas déduites du congé annuel (art. 251). Leur durée précise dépend de la convention collective ou du contrat : voir nos explications sur les congés payés.
En résumé : 18 semaines de congé, licenciement nul pendant le congé, une heure d'allaitement par jour pendant 20 mois, et des indemnités de sécurité sociale dont les conditions dépendent d'un décret. Vous êtes clinique, maternité, sage-femme ou cabinet de santé à Dakar, Thiès ou Kaolack ? Présentez-vous aux futures mamans parmi les hôpitaux et cliniques de Senlocal et créez votre fiche gratuite.




